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Les initiatives éco-citoyennes sur le territoire du LIFE Maraisilience

Ce rapport propose une cartographie multicritère des initiatives éco-citoyennes présentes sur le territoire du LIFE Maraisilience. Il s’intègre dans le travail de collaboration de la Chaire au sein du projet LIFE Maraisilience.

Le rapport a été produit par Yannick Martell, chercheur postdoctoral pour la Chaire Participations Médiation Transition citoyenne.

Synthèse du rapport

Les initiatives éco-citoyennes : une ressource pour les politiques de transition ?

Sur la base d’un recensement des initiatives éco-citoyennes sur le territoire du Life Maraisilience, d’entretiens (à la fois avec les acteurs de ces initiatives et des agents responsables de cette thématique dans les collectivités) et d’observations, ce rapport propose une analyse des dynamiques éco-citoyennes ainsi que leurs liens avec les pouvoirs publics.
Cette étude montre que les « initiatives éco-citoyennes » ne constituent pas un ensemble de pratiques homogènes. Elles regroupent des associations, des collectifs, des entreprises et des groupes informels aux objectifs et aux modes d’action très différents : sensibilisation, protection de l’environnement, développement de pratiques écologiques, activité économique, mobilisation citoyenne ou contestation de projets d’aménagement. Cette diversité constitue une richesse pour les territoires, mais elle implique de considérer ces acteurs dans leur pluralité tant du point de vue des conceptions de l’engagement qu’ils défendent, que des différentes manières d’investir la question environnementale qu’ils développent.
L’analyse de la répartition géographique des initiatives éco-citoyennes indique qu’elles sont fortement concentrées dans les espaces urbains et périurbains. Ce résultat s’explique par la concentration d’une population et de ressources économiques et institutionnelles favorables au développement de ces initiatives. Toutefois, cette répartition n’est pas homogène selon les types d’initiatives recensées. Par exemple, les mobilisations liées au « mouvement climat » sont très majoritairement urbaines, tandis que les mobilisations contestataires de « défense du cadre de vie » sont fortement ancrées dans les espaces ruraux. Les initiatives économiques sont, quant à elles, présentes dans différents types de territoires, avec une concentration plus importante dans les espaces urbains. Enfin, les initiatives environnementalistes connaissent une bonne répartition entre espaces urbains et ruraux.
Les territoires ne disposent pas tous des mêmes ressources pour faire émerger et soutenir ces initiatives. La répartition géographique des initiatives est notamment liée aux caractéristiques sociales des populations, mais aussi à l’histoire locale, aux réseaux existants, aux dynamiques associatives et à la manière dont les acteurs publics organisent les coopérations.
Les collectivités jouent par ailleurs un rôle actif dans la structuration de cet espace. En choisissant les acteurs avec lesquels elles coopèrent, les dispositifs qu’elles financent et les formes de participation qu’elles organisent, elles contribuent à définir les modalités d’engagement considérées comme légitimes dans l’action publique environnementale. Les organisations disposant d’une expertise reconnue, d’une capacité de coopération et d’un certain degré de professionnalisation apparaissent souvent comme les partenaires les plus facilement mobilisables. A l’inverse, les collectifs plus contestataires peuvent rencontrer davantage de difficultés à intégrer les espaces de concertation et de gouvernance.
Ces résultats invitent ainsi à penser la participation citoyenne au-delà des seuls acteurs déjà identifiés et institutionnalisés. Une politique environnementale cherchant à mobiliser la « société civile » gagnerait à prendre en compte la pluralité des formes d’engagement, y compris celles qui entretiennent un rapport plus critique avec les institutions. Cette attention au pluralisme constitue une condition importante pour faire de la participation citoyenne un véritable levier de transformation des politiques environnementales.