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Enjeux et perspectives de la médiation scientifique sur le carbone bleu dans la préservation des zones humides littorales

Ce document est le résultat d’un stage de Master 2 « Sociologie des Organisations et de l’Action Publique » de l’Université Toulouse Jean Jaurès. Au cours de ce stage, marie Feral a collaborée pour une période de 6 mois, avec l’Ecole de la Mer et la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Ce stage a fait l’objet d’un co-encadrement par l’Ecole de la mer de La Rochelle et la Chaire Participations, Médiation, Transition citoyenne de La Rochelle l’Université.

Contexte du stage 

Les écosystèmes marins ont une capacité à capter du CO2, à le transformer et le stocker : ce sont des puits de carbone, dits « carbone bleu ». Le rôle et la chance que représentent les vasières littorales et les marais sont encore peu connus et sous estimés. Sur le territoire de l’agglomération de La Rochelle et dans le contexte du projet La Rochelle Territoire Zéro Carbone, un projet ambitieux d’études et de connaissances des zones humides est proposé par La Rochelle Université. Les
associations LPO et E.C.O.L.E de la Mer s’y associent et proposent un projet de sensibilisation sur la notion de carbone bleu à destination des citoyens, des élus et des scolaires.
Dans le cadre de l’action de Sensibilisation/pédagogie des citoyens, acteurs et gestionnaires du carbone bleu, la LPO et l’E.C.O.L.E de la mer mènent un certain nombre d’actions de sensibilisation : des sorties de découvertes de zones humides littorales pour le grand public, un dispositif pédagogique multi séances pour les scolaires, accompagnement des élus et des professionnels dans l’acquisition d’une culture littorale «carbone bleu», etc. En outre, afin d’évaluer le niveau de sensibilisation et de conscientisation sur les rôles des zones littorales et des marais dans la captation du carbone, une enquête a été conçue et diffusée en 2020 puis en 2023. Les objectifs principaux de cette enquête sont d’identifier le niveau de connaissances sur le rôle des zones humides littorales dans la captation de carbone et d’identifier le niveau de compréhension de ces mécanismes et des enjeux associés.

Objectifs du stage

L’objectif du stage était d’analyser la conscientisation des citoyens au carbone bleu en interrogeant les apports de la médiation scientifique. Les trois sous-objectifs du stage étaient:
  • de caractériser le niveau de connaissances des citoyens sur le carbone bleu ;
  • de proposer des pistes (méthode de suivi, indicateurs…) pour suivre son évolution dans l’axe « Carbone bleu » du projet La Rochelle Territoire Zéro Carbone (LRTZC) à partir du traitement des données de l’enquête « Carbone bleu » collectées en 2020 et 2023 ;
  • de s’interroger sur les effets potentiels des actions de médiation/sensibilisation au carbone bleu sur le niveau de connaissances des citoyens mises en œuvre par la LPO et l’E.C.O.L.E de la mer sur le territoire grâce à la création et l’usage d’un dispositif de médiation adapté.

Résumé du rapport de stage de Marie Feral

Ce mémoire propose d’étudier la médiation scientifique comme un dispositif complexe, situé au croisement de la gouvernance territoriale, de la production de savoirs scientifiques et des dynamiques de changement social. En examinant les rapports entre savoirs scientifiques et publics, il analyse comment la médiation scientifique contribue au processus de traduction de l’innovation carbone bleu, tout en révélant des tensions et luttes autour des définitions et des finalités du dispositif.
En mobilisant les cadres théoriques de la sociologie de l’action publique, des organisations et de la traduction, cette étude explore la capacité transformative de la médiation scientifique face aux enjeux liés à la préservation des zones humides littorales. Basée sur une enquête qualitative, combinant des entretiens avec des acteurs partenaires et participants, cette recherche met en lumière les dynamiques sous-jacentes à ces interactions. En l’état actuel, bien qu’elle permette une diffusion du carbone bleu auprès des participants, la médiation scientifique reste limitée dans son potentiel de transformation sociale et écologique. Ces observations interrogent la place des savoirs scientifiques et des controverses dans la gouvernance environnementale et les transitions nécessaires face aux enjeux écologiques actuels.